Histoire du jazz à Paris : de Montmartre années 1920 aux caves de Saint-Germain-des-Prés #
Avant d’être une carte d’adresses, le jazz parisien est d’abord une histoire : celle d’une musique venue des États-Unis qui a trouvé à Montmartre, dans les années 1920, puis dans les caves de Saint-Germain-des-Prés après la guerre, un second foyer. De Joséphine Baker à Sidney Bechet, voici comment Paris est devenu, en quelques décennies, une capitale européenne du jazz. Pour savoir où écouter du jazz live à Paris aujourd’hui, nous avons consacré un guide à part : ici, place au récit.
Des cafés-concerts au jazz : la scène parisienne avant 1920 #
Pour comprendre comment le jazz s’est implanté à Paris, il faut remonter aux cafés-concerts du XIXe siècle. Dès le milieu du siècle, en plein essor haussmannien, la capitale voit fleurir des établissements de divertissement populaire autour du Boulevard du Temple : L’Alcazar d’Été, l’Eldorado, la Scala. À partir de 1864, l’abolition du privilège des théâtres libère leur programmation et favorise la prolifération de nouveaux formats : chanson, intermèdes dansés, spectacles hybrides.
De cette époque naissent les grandes salles qui marqueront le siècle suivant : les Folies Bergère (ouvertes en 1869), l’Olympia (fondée en 1893) ou encore le Bataclan. C’est dans ce terreau de music-halls, de revues et de scènes populaires que le jazz, importé d’outre-Atlantique au lendemain de la Première Guerre mondiale, va trouver un public déjà habitué à la musique vivante et au spectacle.
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Les années folles : Montmartre, capitale noire du jazz parisien #
Le jazz arrive à Paris dans les bagages des soldats américains de 1917-1918, puis s’installe durablement dans les années 1920. Le foyer principal est alors Montmartre, et plus particulièrement le quartier autour de la rue Pigalle et de la rue Fontaine, où s’ouvrent des clubs animés par des musiciens afro-américains venus chercher en France une liberté qu’ils ne trouvaient pas chez eux.
Deux figures incarnent cette époque. Joséphine Baker, arrivée à Paris en 1925 avec La Revue Nègre au Théâtre des Champs-Élysées, devient en quelques mois une star de la capitale. Ada « Bricktop » Smith, chanteuse et patronne de cabaret américaine, ouvre son propre établissement à Montmartre et en fait un point de ralliement de la vie nocturne, fréquenté par les artistes et les écrivains de la Génération perdue. Autour d’eux gravite toute une scène où le jazz, la danse et la fête se mêlent à l’effervescence intellectuelle des Années folles.
Repères : le jazz à Paris, étapes clés
- Années 1920 — Montmartre devient le cœur de la vie jazz parisienne ; La Revue Nègre (1925) révèle Joséphine Baker, Bricktop tient son cabaret.
- Années 1930 — Naissance du jazz « à la française » avec le Quintette du Hot Club de France (Django Reinhardt, Stéphane Grappelli).
- Après-guerre (fin 1940s) — Le centre de gravité se déplace vers les caves de Saint-Germain-des-Prés.
- Années 1950 — Apogée des caves : Le Tabou, Le Vieux-Colombier, le Caveau de la Huchette ; Boris Vian, Sidney Bechet et Juliette Gréco en figures de proue.
Saint-Germain-des-Prés : les caves de jazz de l’après-guerre #
Après la Seconde Guerre mondiale, le jazz quitte Montmartre pour le quartier de Saint-Germain-des-Prés, sur la rive gauche. Dans les sous-sols voûtés des immeubles anciens s’ouvrent des caves de jazz qui deviennent le rendez-vous d’une jeunesse intellectuelle, existentialiste et avide de liberté après les années d’Occupation.
Le Tabou, rue Dauphine, est sans doute le plus célèbre de ces clubs. Le Vieux-Colombier et d’autres caves du quartier accueillent quant à eux les grands noms de l’époque. C’est là que Boris Vian — écrivain, ingénieur et trompettiste — anime les nuits germanopratines, mêlant musique, littérature et provocation. C’est là aussi que la jeune Juliette Gréco incarne la muse du quartier, et que le clarinettiste et saxophoniste américain Sidney Bechet, installé en France, connaît une véritable seconde carrière, devenant l’une des vedettes du jazz hexagonal d’après-guerre.
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L’influence américaine et l’héritage des lieux historiques #
Si Paris a séduit tant de musiciens américains — de Bricktop à Sidney Bechet, de Bechet plus tard à de nombreux instrumentistes du bebop venus en tournée ou en exil — c’est aussi parce que la ville leur offrait une reconnaissance artistique et une vie sociale plus libre. Cet échange transatlantique a profondément marqué la scène locale : il a nourri le jazz manouche de Django Reinhardt dans les années 1930, puis le swing et le bebop qui résonneront dans les caves de la rive gauche.
Certains de ces lieux historiques existent encore. Le Caveau de la Huchette, dans le Quartier Latin, ouvert au jazz en 1946, fait partie des rares caves d’après-guerre toujours en activité ; sa salle voûtée et sa piste de danse en font un témoin vivant de cette époque. Pour explorer la ville côté patrimoine et balades, notre magazine Paris-Pépites regorge d’autres idées de sorties culturelles dans la capitale.
À retenir
- Le jazz arrive à Paris après 1918 et s’épanouit à Montmartre dans les années 1920 (Joséphine Baker, Bricktop, La Revue Nègre).
- Dans les années 1930 naît un jazz français avec Django Reinhardt et Stéphane Grappelli.
- Après 1945, le foyer se déplace vers les caves de Saint-Germain-des-Prés : Le Tabou, Boris Vian, Juliette Gréco, Sidney Bechet.
- Quelques lieux historiques, comme le Caveau de la Huchette (jazz dès 1946), perpétuent encore cet héritage.
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Inspirations : Paris jazz vintage #
Pour prolonger ce voyage dans le Paris jazz des années 1920 et de l’après-guerre — photos d’archives, affiches, ambiances de caves —, une galerie d’inspirations vaut le détour.
FAQ : l’histoire du jazz à Paris #
Quand le jazz est-il arrivé à Paris ?
Le jazz s’est diffusé à Paris au lendemain de la Première Guerre mondiale, vers 1918-1920, notamment dans le sillage des musiciens afro-américains. Il s’est d’abord concentré à Montmartre durant les Années folles.
Quel quartier était le cœur du jazz dans les années 1920 ?
Montmartre, et plus précisément les environs de Pigalle, où Joséphine Baker, Bricktop et de nombreux musiciens américains ont fait du quartier un haut lieu de la vie nocturne et musicale.
Pourquoi Saint-Germain-des-Prés est-il associé au jazz ?
Après 1945, les caves voûtées du quartier, comme Le Tabou, sont devenues les clubs de jazz fréquentés par la jeunesse intellectuelle de l’après-guerre, avec des figures comme Boris Vian, Juliette Gréco et Sidney Bechet.
Où écouter du jazz live à Paris aujourd’hui ?
Plusieurs clubs perpétuent la tradition. Nous avons réuni les adresses actuelles dans notre guide dédié : où écouter du jazz live à Paris.
Les points :
- Histoire du jazz à Paris : de Montmartre années 1920 aux caves de Saint-Germain-des-Prés
- Des cafés-concerts au jazz : la scène parisienne avant 1920
- Les années folles : Montmartre, capitale noire du jazz parisien
- Saint-Germain-des-Prés : les caves de jazz de l’après-guerre
- L’influence américaine et l’héritage des lieux historiques
- Inspirations : Paris jazz vintage
- FAQ : l’histoire du jazz à Paris